L’Avènement de la République

janvier 5, 2017

Le courage des Femen

Filed under: Actualité Républicaine,Uncategorized — Michel Ahnee @ 6:12

Un article de l’express (france) Les Femen gagnent leur procès contre une association de catholiques traditionnalistes. Elles avaient fait irruption dans une manifestation contre le mariage pour tous.manifestation-des-femen-le-8-mars-2015-a-paris-pour-la-journee-de-la-femme_5502331

novembre 26, 2016

La démocratie comme tyrannie des pulsions

Filed under: Droits et Libertés,République — Michel Ahnee @ 5:58

Avec la montée démocratique des extrêmes en Occident (répondant en cela à l’extrémisme islamiste), il est bon de revenir à La République de Platon.

Dès l’antiquité Platon nous mettait en garde contre cette « liberté » en démocratie qui permet l’expression populaire d’une volonté soumise au désir et aux pulsions (par exemple aujourd’hui…suprémacisme racial ou religieux, désir de domination) plutôt qu’une volonté qui soit l’expression de la raison:- du Vrai, du Beau, du Bien. La démocratie apparait à Platon comme le négatif de la République. La République est pour Platon « le régime de la liberté, celui qui établit le pouvoir de la raison et de ses idéaux ».

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novembre 24, 2016

Le Code Pénal Mauricien, le Blasphème et l’Outrage à la morale religieuse d’une « religion légalement établie »

Filed under: Uncategorized — Michel Ahnee @ 3:58

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  • La section 288 du Code Pénal Mauricien

Cette section interdit à la presse de rapporter des propos tenus dans un procès public lorsque ces propos sont « blasphématoires »:-

  1. Interpretation of ‘defamation’
(4) No offence is committed under this section where the writing or words –
(…)
(d) are an impartial and accurate report of the proceedings of any Court or of the result of any such proceedings, unless the Court has itself prohibited the publication, or the subject-matter of the trial is unfit for publication, or the subject-matter of the proceedings is blasphemous or obscene;
  • La section 206 du Code Pénal:- Outrage à la morale publique et religieuse 

Est puni d’une peine de prison d’une année l’auteur de tout affichage ou publication  qui:

– constitue un outrage à l’encontre d’une « religion légalement établie »;

– porte atteinte à la « morale publique ou religieuse ».

  1. Outrage against public and religious morality
(1) (a)            Any person who –
(i) by words, exclamations or threats used in a public place or meeting;
(ii) by any writing, newspaper, pamphlet or other printed matter, or by any drawing, engraving, picture, emblem or image, sold or distributed or put up for sale or exhibited in any public place or meeting; or
(iii) by any placard or handbill exhibited for public inspection, commits any outrage against any religion legally established, or against good morals or against public and religious morality (‘la morale publique et religieuse’), shall on conviction be liable to imprisonment for a term not exceeding one year and to a fine not exceeding 10,000 rupees.

novembre 19, 2016

En 2012 dans sa rubrique du Week End Shenaz Patel cite un extrait de la « République Oeucuménique des Tribus »

Filed under: Uncategorized — Michel Ahnee @ 6:50

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novembre 16, 2016

Interview de Michel Ahnee par Christian Boisbouvier de RFI en mai 2010 à la veille des élections générales

Filed under: Régime communautaire,Uncategorized — Michel Ahnee @ 3:32

Le 3 mai 2010 à la veille quasiment des élections générales du 5 mai 2016 la campagne électorale du parti travailliste devient ouvertement communautariste: Paul Bérenger ne peut pas être Premier Ministre car il n’est pas Hindou

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septembre 4, 2010

EGALITE

Filed under: Régime communautaire,République — Michel Ahnee @ 2:42

Amnesty International Maurice lance une campagne contre le communalisme. Pourquoi ?

Dans un texte de 1755 Rousseau explique ce qui fait la différence entre l’animal et l’homme.
« Je ne vois dans tout animal qu’une machine ingénieuse, à qui la nature a donné des sens pour se remonter elle-même, et pour se garantir, jusqu’à un certain point, de tout ce qui tend à la détruire, ou à la déranger. J’aperçois précisément les mêmes choses dans la machine humaine, avec cette différence que la Nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l’homme concourt aux siennes, en qualité d’agent libre. (…) La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme »
La faculté de l’individu de décider de sa construction personnelle est ce qui caractérise fondamentalement l’être humain. Contrairement à l’animal, l’humain choisit et créé son histoire.

Conçue comme un rempart protégeant les droits de l’individu, afin d’assurer l’épanouissement de cette valeur centrale qu’est « l’humain se bâtissant », la République établit, avec les autres droits fondamentaux, le principe fondamental d’Egalité. Les hommes naissent libres et égaux en droit. Le principe d’Egalité protège les individus des discriminations odieuses fondées sur ce qu’ils sont : leur race, leurs croyances, leur ethnie.

Contrarier, empêcher, restreindre cet individu, libre par essence, dans son épanouissement, dans son historicité, pénaliser un individu, le priver des opportunités de la vie en raison de son identité, bafoue l’humain.

L’Egalité est aveugle aux caractéristiques raciales, religieuses, ethniques et ne fait de distinctions entre les humains qu’en raison de leurs vertus et de leurs talents individuels.

Le principe d’Egalité interdit tout autant que des individus soient indûment avantagés en raison de critères identitaires. Car à chaque fois qu’un individu se voit octroyé un avantage quelconque en raison de ce type de critère cela correspond, systématiquement, à un droit, un poste, un avantage qui est enlevé à un autre individu parce qu’il n’est pas de la « bonne race », de la « bonne religion », de la « bonne ethnie ». Ou de la « bonne caste ».

La section 16 de la Constitution de la République de Maurice définit la discrimination comme « affording different treatment to different persons attributable wholly or mainly to their respective descriptions by race, caste, place of origin, political opinions, colour, creed or sex. »

Or le communalisme n’est rien d’autre qu’un système de requêtes et de rétributions différenciées tenant compte de l’identité raciale, religieuse, ethnique, castéiste du requérant. Le communalisme c’est donc bien de la discrimination telle que définie par notre Constitution.

La section 16(2) de notre Constitution est indéniablement bafouée par certains élus qui transforment leurs bureaux en véritables officines de « leur communauté » :-
« no person shall be treated in a discriminatory manner by any person acting in the performance of any public function »

La perversité particulière du communalisme réside cependant dans l’acceptation sournoise d’une fausse valeur morale :- l’équité communaliste. L’Equité communaliste est une dégénérescence de l’égalité, et prétend que 1) le pays et ses richesses doivent être partagés équitablement entre des communautés suivant la modalité obsessionnelle du donnant-donnant (trade-off) et 2) les droits des communautés sont proportionnels à leur poids démographique.

Il s’agit de montrer que l’Egalité, celle de la Constitution et des conventions internationales, celle que l’on enseigne dans toutes les bonnes universités, rejette l’Equité communaliste des « gros feuilles » qui mettent en péril la paix et la stabilité de notre République.

mars 28, 2010

L’Église appelle à voter pour la droite en Italie

Filed under: Laïcité = Secular State — Michel Ahnee @ 7:07

Emma Bonino, la candidate de gauche prise pour cible par le Vatican

Dans le Latium, Emma Bonino, 62 ans, ancienne commissaire européenne et ancienne ministre dans le gouvernement de Romano Prodi, est au coude à coude avec la candidate de droite malgré les prises de position de l’Eglise catholique qui appelle à voter à droite.

Mme Bonino est connue pour ses prises de position en faveur de l’avortement et du mariage homosexuel

La candidate de droite Renata Polverini, 48 ans, peut compter sur le soutien de la Conférence des évêques italiens. Son président, le cardinal Angelo Bagnasco, a donné le 21 mars une indication de vote : « La vie humaine doit être défendue et cette défense est une des valeurs non négociables sur la base de laquelle les catholiques doivent voter à l’occasion des prochaines élections régionales. »

Cette ingérence de l’Eglise qui n’hésite pas à soutenir Berlusconi et son allié d’extrême droite la Ligue du Nord démontre que le Vatican n’hésite pas à se méler aux élections. Cela demande une vigilance renouvelée à l’égard de cette institution religieuse qui viole maintenant ouvertement le principe de laïcité en appelant à voter pour certains partis.

Une petit échantillon de la belle mentalité du parti d’extrême droite soutenu par le Vatican. Dans la province d’Arezzo, des militants de La Ligue du Nord distribuent en ce moment aux passants des échantillons de savon liquide en leur recommandant de les utiliser après avoir touché un (ou une) immigré(e).

août 23, 2009

Réponse à la question posée par le magazine PEOPLE sur Facebook: « Sommes nous Homophobes? Les Mauriciens le sont-ils? Pourquoi? comment faire pour que tous les humains soient respectés? »

Filed under: Uncategorized — Michel Ahnee @ 9:34

UNE LOI PENALE QUI EN DIT LONG SUR SES FONDEMENTS MORAUX HOMOPHOBES

L’article 250 du Code Pénal mauricien se lit comme suit:-

“250. Sodomy and bestiality

(1) Any person who is guilty of the crime of sodomy or bestiality shall be liable to penal servitude for a term not exceeding 5 years. »

La loi, en plaçant la bestialité et la sodomie sur le même plan, révèle ses fondements moraux profondément homophobes. Fondements moraux chrétiens de la société coloniale mais la tendance hostile se retrouve tout autant dans le Coran.

En son état actuel, le Code Pénal fait de la sodomie  une infraction passible de 5 ans d’emprisonnement alors même qu’elle serait pratiquée par deux adultes consentants.

Le « Sexual Offences Bill » de 2007 proposait de décriminaliser la sodomie. En raison de la levée de boucliers animée par des groupements religieux une « Commission » fut mise en place pour examiner la question. Il semblerait que ladite Commission ait en fait été chargée d’enterrer la question…

UNE LOI ANTICONSTITUTIONNELLE

Pourtant, il est évident que cette disposition du Code Pénal est anticonstitutionnelle. Voici ce que l’auteur de ces lignes écrivait en Juin 2007 dans l’Express

« Dans l’ultra-chrétienne Amérique de M. Bush, la Cour suprême a, dans l’affaire Lawrence v. Texas, cassé une loi texane prohibant la sodomie homosexuelle rendant ainsi anticonstitutionnel ce type de lois dans le pays tout entier. Si les Etats-Unis ont attendu l’année 2003 pour faire cela, dès 1981, dans l’affaire Dudgeon v. United Kingdom, la Cour européenne avait cassé la loi anti-homosexuelle de la très catholique Irlande du Nord. Dans la célèbre affaire américaine, citée plus haut, le Juge Kennedy écrivait ceci :- “The Texas statute furthers no legitimate state interest which can justify its intrusion into the personal and private life of the individual’, et observait “The fact that the governing majority in a state has traditionally viewed a particular practice as immoral is not a sufficient reason for upholding a law prohibiting the practice; neither history nor tradition could save a law prohibiting miscegenation (interracial marriage) from constitutional attack.”

Des citoyens homosexuels pourraient donc, à n’importe quel moment, attaquer la constitutionnalité de l’article 250 du Code Pénal.

UN TISSU DE CONTRADICTIONS

Par ailleurs, le maintien de ces dispositions pénales est totalement incohérent compte tenu des récents développements en matière du Droit du travail. En effet, suivant l’article 4(5) de l’Employment Rights Act, constitue un acte discriminatoire illicite, le fait pour l’employeur de traiter de manière différenciée des employés en raison de leur « sexual orientation ». Or, comment empêcher un employeur de menacer de licenciement des homosexuels masculins ayant fait leur « coming out », puisque ces derniers violent ouvertement la section 250 du Code Pénal plusieurs fois par mois… Peut-on empêcher un employeur de débarrasser son entreprise de « self-confessed criminals » ? Bien sûr que non. Le législateur ne peut vouloir à la fois punir la sodomie de 5 ans de prison ET mettre un terme aux pratiques discriminatoires contre les homosexuels.

Naturellement les groupes religieux qui se sont opposés à la décriminalisation de la sodomie ont subrepticement laissé passer les dispositions de L’Employment Rights Act …protégeant les sodomites…On reconnaît ici la même hypocrisie qu’en matière d’avortement. L’acte criminalisé est largement pratiqué, tout le monde le sait, la police ne fait rien pour pourchasser et punir les contrevenants, la loi criminelle devient une vaste bouffonnerie. Mais ce qui compte pour les tenants de la morale religieuse c’est que l’apparence institutionnelle soit sauve, c’est de voir la loi terrible de Yahve et Allah reflétée dans le Code Pénal. Sodome et Gomorrhe, ça leur file des frissons, que voulez-vous…

DES FONDEMENTS MORAUX HOMOPHOBES… MAIS QUELQUE PEU DOUTEUX!

Ce texte du Code Pénal avec des fondements moraux homophobes est bien évidemment enraciné dans la morale chrétienne coloniale. Une morale qui n’a pas froid aux yeux…Vous voulez voir comment le Dieu de la Bible condamne l’homosexualité en massacrant toute une ville MAIS ferme les yeux sur un père qui offre ses filles vierges à une foule de pédés hystériques… ET donne sa bénédiction à  l’inceste, avec des filles qui couchent impunément avec leur père après l’avoir fait boire, eh bien lisez la Sainte Bible, lisez l’histoire de Lot dans Le Livre de la Genèse 19 (http://www.fouyebible.com/book.php/n7r/francais/19 ). Pour les plus paresseux une petite vidéo qui résume bien la morale biblique homophobe. http://www.youtube.com/watch?v=P0r7syc1BSg&feature=related

Si c’est dans ce genre de morale archaïque que l’article 250 du Code Pénal trouve son fondement, nous pensons que, depuis le siècle des lumières, nous avons développé un sens moral bien plus élevé, celui de l’humanisme, qui fait place à la tolérance de ce qu’est l’autre, au respect da la vie privée, de l’intimité et des pratiques sexuelles de chacun, pourvu qu’elles ne nuisent pas à l’ordre public.

Droits et Responsabilités de la Presse

Filed under: Droits et Libertés,Presse — Michel Ahnee @ 10:22

DROITS ET RESPONSABILITÉS*

La loi et la presse

La Liberté conduisant la République

La Liberté conduisant la République

*Cet article a été publié dans l’Express du 2 septembre 2006, avant que le groupe La Sentinelle ne mette en place son Code d’Ethique et un mécanisme de conciliation. http://www.lexpress.mu/Services/archive_71728_La-loi-et-la-presse



Les libertés d’expression et d’information sont consacrées par notre Constitution, non seulement parce que, d’un point de vue individuel, il s’agit de droits fondamentaux de l’homme, mais encore parce que du point de vue du système politique, il n’y a pas de démocratie sans ces libertés. La démocratie est un système politique qui a pour principe d’organiser, de manière apaisée, la remise en cause régulière, le questionnement incessant du pouvoir politique et du fonctionnement de la cité.

L’existence de forces vives d’expression et d’information constituent par conséquent une condition sine qua non de la dynamique démocratique. Dans les démocraties modernes ces forces sont en grande partie portées ou générées par les entreprises de presse.

La consécration d’une liberté en droit s’accompagne toujours de l’édiction de mesures légitimes de prudence visant à protéger les individus et la société contre ceux qui useraient de cette liberté de manière préjudiciable. Nous avons la chance dans ce pays de disposer d’un régime de restriction des abus de la presse se caractérisant par une très grande stabilité législative.

Une stabilité de la loi accompagnée d’une jurisprudence construite depuis deux siècles autour de l’équilibre à assurer entre le principe de la liberté de parole et le respect des personnes, des institutions et de l’ordre public. Des valeurs simples et fortes, la bonne foi, le souci de la vérité, guident la recherche de cet équilibre.

Le code civil s’applique à Maurice depuis 1808 et le code pénal date de 1838. Ils ont très peu changé pour ce qui du droit de la presse. Le Newspapers and Periodicals Act de 1837, toujours en vigueur, ne pose comme condition à l’activité de presse que la soumission de quelques informations (adresse, nom de l’imprimeur etc.) à l’Accountant General. Il n’y a pas besoin d’une licence particulière. Depuis deux siècles le régime de droit commun sur la presse n’a donc pas fondamentalement changé. Ce régime a permis le maintien et le développement d’une presse libre et dynamique malgré l’étroitesse du marché mauricien.

La presse serait-elle soudainement devenue aujourd’hui une maladie dangereuse dont il faudrait prémunir notre société par des moyens législatifs novateurs, imaginés par l’Exécutif le plus inspiré depuis ces deux derniers siècles ? Si encore nous avions eu le bénéfice d’un exposé des motifs sérieux de la part des représentants du gouvernement.

Avant d’entreprendre une réforme d’envergure, il faudrait que la situation actuelle le justifie : a-t-on ne serait-ce que des statistiques sur les délits de presse qui indiqueraient, par exemple, une augmentation alarmante des plaintes, une trop grande mansuétude des tribunaux, une politique des poursuites publiques insatisfaisante, de nouveaux types de déviances non couverts par le droit positif ? Faute de procéder à un examen clinique de la situation actuelle, comment peut-on déceler les carences et proposer les remèdes appropriés ?

Au petit bonheur

Mais nous savons qu’il n’est pas prévu dans notre processus législatif de travaux parlementaires systématiques aboutissant à un rapport devant éclairer les parlementaires et élever les débats avant la présentation et l’adoption d’un projet de loi. Alors l’Exécutif y va aufeeling, au petit bonheur ou selon l’humeur. Et la réforme projetée d’un pan si important de notre législation devient une sombre menace agitée sur des caisses de savon.

Il semblerait (puisque l’Exécutif entretien lui-même la rumeur) que le Gouvernement pense à établir une Media Commission pour la presse sur le modèle de l’Independent Broadcasting Authority (IBA). Cette Autorité est constituée de membres exclusivement nommés par l’Exécutif, excepté le Chairperson qui est nommé par le Président après consultation avec le Premier ministre et le leader de l’opposition.

Après avoir proclamé «l’indépendance» de ladite Autorité le texte de loi la régissant prévoit, dans le même souffle, que le ministre de l’Information peut donner des directives à l’Autorité, lorsque la sécurité nationale et l’ordre public sont en cause… Les opérateurs tombant sous la juridiction de l’IBA doivent obtenir une licence de ladite Autorité, laquelle licence est renouvelable tous les trois ans. La licence peut ne pas être renouvelée ou même être enlevée si l’Autorité considère qu’un opérateur n’a pas respecté le Code of Conduct.

Ce Code of Conduct est établi par le législateur. La majorité parlementaire a donc le loisir de modifier le Code of Conduct comme bon lui semble. Si la libéralisation des ondes a représenté un progrès, malgré l’IBA, une telle institution pour notre presse écrite représenterait évidemment un recul catastrophique. Dans la conception anglo-saxonne le droit d’expression est comme le droit de respirer, on n’a pas besoin de licence de l’Exécutif pour respirer. La situation n’est pas la même pour les deux types de média puisque, pour ce qui concerne la Radio et la Télévision, l’Etat a un monopole sur les ondes.

Il faudrait méditer cette phrase du Mahatma Gandhi : « The sole aim of a journalist should be service. The newspaper press is a great power, but just as unchained torrent of water submerges the whole country side and devastates crops, even so an uncontrolled pen serves but to destroy. If the control is from without, it proves more poisonous than want of control. It can be profitable only when exercised from within.»

“Media culpa”

La loi est là pour sanctionner les abus mais ne réglemente pas dans le détail la déontologie de la profession de journaliste et des entreprises de presse. Par ailleurs, les procédures judiciaires sont coûteuses et longues. Il est regrettable que la presse à Maurice ne soit pas parvenue à mettre en place un mécanisme d’autorégulation et de règlement à l’amiable des litiges découlant de leur activité de presse. Il est tout aussi regrettable qu’en l’absence d’un code déontologique établi d’un commun accord par l’ensemble de la profession, chaque journal ne mette pas à la disposition du public son propre code de conduite.

Si chaque journal avait publié un tel code, pour lui-même, en plus d’être une mesure de transparence élémentaire vis-à-vis du public, cela aurait été un premier pas vers un rapprochement possible entre les différentes rédactions. Par ailleurs, si l’établissement de règles communes d’éthique peut donner lieu à des difficultés, les règles du droit de la presse et la jurisprudence existent de manière objective.

Or, il n’existe pas, à travers le Media Trust par exemple, de formation au droit de la presse destiné aux jeunes journalistes avant qu’ils ne prennent la plume. Il y a donc, un retard de la presse mauricienne par rapport aux pratiques modernes du journalisme en termes de déontologie, de règlement des litiges à l’amiable et de formation. De ce point de vue la presse pourrait faire son «media culpa» comme dirait l’autre.

Dans de nombreuses démocraties les Press Councils ont été établis volontairement par les entreprises de presse. Mais en Inde il existe un Press Council Act, une loi qui met en place cette institution, laquelle a juridiction sur toute la presse. Mais les membres de cette institution ne sont en aucun cas nommés par l’Exécutif et sont pour la plupart des membres de la profession.

Ce Press Council reçoit et traite les plaintes du public du moment que celles-ci n’ont pas été portées devant les tribunaux. Le Press Council indien a toujours refusé, malgré certaines pressions, le pouvoir de sanctionner pécuniairement les opérateurs.

Sa juridiction est essentiellement morale. Cette institution a permis à la presse indienne de développer au fil des années, pour elle-même, un code de conduite sophistiqué. Le Press Council indien existe depuis une quarantaine d’années, peut-on dire que la presse indienne soit moins indépendante que la presse mauricienne ?

Un Press Council Act dutype indien serait une voie de progrès raisonnable pour notre démocratie. Naturellement, une telle législation demanderait une large consultation avec les entreprises de presse. Mais elle devrait être légitime à partir du moment où une large majorité de la profession donnerait son approbation.

CVQV

août 4, 2009

Me Michel Ahnee: «Le communalisme est un virus de la pensée»

Filed under: Régime communautaire — Michel Ahnee @ 12:48
Publié dans le Supplément d’Amnesty International de L’Express
Un forgeron figurant le ravail

Un forgeron figurant le Travail encadre la République avec la Justice. L'enfant, au pied du forgeron, soulève avec peine un gros livre, il rappelle ainsi le rôle de l'instruction et du travail intellectuel.

L’avocat analyse le phénomène du communalisme à Maurice sous toutes les coutures.

L’interview de Me Michel Ahnee est parue dans le supplément d’Amnesty International Maurice, dans l’édition du 31 juillet de l’express. Elle fait suite à la campagne d’Amnesty Maurice sur le thème de la corruption. Campagne qui s’articule autour de plusieurs axes de sensibilisation contre le racisme/communalisme et en faveur d’une pleine citoyenneté.


Il y a un brouillage sémantique autour du terme de communalisme à Maurice. Quel sens attribuez-vous personnellement à ce terme?

Il faudra schématiser. Imaginez une population avec une grande diversité de races, de religions, de cultures qui se retrouve sur un territoire exigu et accède au statut d’Etat indépendant en 1968. Nous nous représentons aisément l’angoisse et la méfiance qu’a pu susciter ce projet de vivre ensemble, choisi pour certains et contraint pour d’autres. Malgré les décennies qui ont passé, malgré une Constitution démocratique, nous constatons que cette méfiance de départ s’est cristallisée, dans l’esprit du mauricien, en un paradigme, une représentation de la société en blocs ethno-religieux ayant des intérêts concurrents. Le communalisme, c’est donc, en premier lieu, ce virus de la pensée qui pervertit notre perception du réel par l’exacerbation du sentiment de l’appartenance et de l’intérêt communautaires face aux autres communautés. En deuxième lieu, pour compléter notre définition du communalisme, il faut ajouter que ce communalisme ne demeure pas au stade d’un paradigme dans nos têtes, il se traduit par un véritable fonctionnement politique concurrent au régime constitutionnel. L’on pourrait donc dire que le communalisme est un virus de la pensée qui devient une maladie des institutions démocratiques.

Entre un républicanisme de façade et un nationalisme ethnique voire tribal, existe-t-il, selon-vous, des éléments qui contribuent à un sentiment d’appartenance commune à la nation?

Je ne parlerais pas de République de façade. Je dirais qu’en dessous de notre régime politique constitutionnel formel, fondé sur la représentation des citoyens-individus, la mentalité communaliste s’insinue, s’exprime et donne corps à un aménagement politique et gouvernemental parasite, inventé pour faire place à une représentation indue de ces entités illégitimes que sont les «communautés», bien au-delà de leurs 8 députés correctifs:- c’est le Régime des Communautés.

Ce fonctionnement perturbé de nos institutions républicaines, c’est ce que j’ai appelé la République Œcuménique des Tribus. L’Etat reconnaît et accueille des entités ethno-religieuses quasi-souveraines conduites par des leaders autoproclamés, plus ou moins médiocres par ailleurs. L’Etat prétend réaliser la médiation entre les intérêts communautaires divergents et construit ainsi sa légitimité politique sur ce principe moral douteux, valeur centrale du régime :- l’équité communaliste plus connue sous le terme de « sakène so boute ».

Une déclaration récente du Premier Ministre illustre bien la prégnance de ce principe de légitimité politique contraire aux principes élémentaires de nos institutions. Il a dit « Je représente toutes les communautés », il aurait dû dire « Je représente tous les citoyens ».Cela peut paraître anodin, mais ça ne l’est pas. La légitimité politique en République c’est le suffrage universel, le vote de centaines de milliers d’individus qui confère la souveraineté nationale, principe exclusif de légitimité politique. Dans le régime des communautés, l’individu souverain doué de libre arbitre est oblitéré, le citoyen est rayé de la carte, la légitimité politique provient de la coalition fantasmée de quatre communautés et quelques castes par la médiation de leurs intérêts concurrents. « Je représente toutes les communautés » donc je suis le mieux à même de détenir et exercer la légitimité politique.

En quoi ce « fontionnement perturbé » de la démocratie affecte la notion de citoyen ?

L’individu-citoyen est au centre de notre système constitutionnel. Ce système assure le respect des droits fondamentaux et par conséquent les conditions de l’épanouissement de l’individu-citoyen à travers son effort personnel. Il est égal en droit aux autres individus-citoyens qui recherchent également leur épanouissement personnel. Au-delà de sa vie personnelle, dans laquelle il s’occupe donc de ses intérêts particuliers, le citoyen est appelé à intervenir dans le champ politique par le suffrage universel, le droit d’expression, le droit de participation à la vie politique. Le champ politique, est l’espace de la recherche de l’intérêt général, de l’intérêt national et non le lieu de satisfaction des intérêts particuliers. L’individu-citoyen est capable de laisser de côté son intérêt personnel pour se préoccuper des problèmes de tous. Il désigne ainsi les politiciens et les programmes qui apportent les meilleures solutions aux problèmes de la cité dans l’intérêt de tous.

Dans le régime des communautés, la réussite de l’individu passe par une reconnaissance des intérêts de son groupe ethno-religieux au niveau Etatique. Le salut est collectif et non individuel. On s’en remet à des représentants communautaires providentiels, à des organisations socioculturelles qui vont obtenir dans le champ politique la satisfaction des intérêts de la communauté. Grâce à des quotas dans la fonction publique par exemple… Le paradigme communaliste nous conduit à un individu qui voit le champ politique comme un lieu destiné à la satisfaction de ses intérêts particuliers à travers une incrustation politique suffisante de son groupe ethno-religieux. L’individu communaliste recherche le meilleur positionnement politique de sa communauté non pas de manière désintéressée mais parce qu’il y voit le plus sûr moyen de satisfaire ses intérêts particuliers. Les « organisations socioculturelles » ça n’est que la somme minable d’intérêts particuliers disparates syndiquée autour d’une bannière ethno-religieuse. L’individu communaliste perçoit la politique, les institutions publiques comme autant d’opportunités pour assouvir son intérêt personnel, pour obtenir sa part, « so boute ».

Ne nous étonnons pas que notre société civile soit si faible. La société civile ce sont des individus-citoyens qui souhaitent participer au bien commun dans le champ public. Eh bien dans une société comme la notre de tels individus sont rares. La masse des individus, formatée par le paradigme communautariste, ne voit dans l’espace politique qu’un lieu de distribution de faveurs proportionnelles au rapport de force établi par sa tribu.

Au bout du compte, bien entendu, à ce jeu de dupe, seuls quelques privilégiés obtiennent de véritables avantages, les autres se contentent que quelques satisfactions symboliques :- un ambassadeur de leur caste, un nominé politique de leur communauté, le retrait d’un billet de banque. Pas grand-chose.

Quelle est la conséquence de cela selon vous au niveau de la classe politique?

L’intérêt personnel ayant envahi le champ politique, quels hommes politiques seront, selon vous,  les plus performants aux élections? Ceux qui parlent le langage du bien commun à travers un programme intelligent et des projets réfléchis ? Ou alors ceux qui parlent le langage de la satisfaction de l’intérêt personnel  à travers la reconnaissance des intérêts claniques et le parrainage des organisations socioculturelles? Evidemment ce sont les hommes politiques cultivant des réseaux d’intérêts particuliers qui réussissent dans un tel système. Si vous parlez d’intérêt général et de bien commun vous perdez. Vous devez faire comprendre à l’électeur que vous êtes de son clan, dès lors il comprendra qu’il pourra plus aisément solliciter quelque avantage personnel une fois que vous serez élu.

Et cela donne des députés incapables de dire un mot à l’Assemblée Nationale. Cela donne un débat politique d’où sont absents les enjeux réels auxquels nous sommes confrontés. Cela donne une classe politique qui se complait dans l’incompétence à débattre des solutions aux problèmes d’intérêt commun et qui se spécialise dans la satisfaction électoraliste des  intérêts particuliers.

Comment sortir de cette situation?

D’abord il faut en sortir parce que la perturbation causée à notre fonctionnement démocratique ralentit les progrès que nous pourrions accomplir avec des citoyens et une classe politique soucieux du bien commun, capable d’en débattre et de trouver des solutions. Notre société perd énormément en force de propositions. Ensuite parce que la perturbation communaliste fragilise notre République et la met à la merci de remises en cause de la légitimité politique par des communautés hypersensibles qui pratiquent régulièrement le chantage à l’émeute. Comment cela finira-t-il un jour ?

Pour en sortir, il y a  l’éducation civique qui me paraît primordiale afin d’agir sur les mentalités, faire comprendre aux étudiants, du primaire au secondaire, le fonctionnement de nos institutions ainsi que les valeurs qui sous-tendent la République. Apprendre dès l’école que, si les ministres ont des pouvoirs, si les députés peuvent faire des lois, si la police peut mettre en prison des gens c’est uniquement en raison de la souveraineté nationale qui est la somme de nos souverainetés individuelles. Apprendre aux jeunes mauriciens à devenir citoyens soucieux du bien commun.

A plus court terme il faut contraindre le personnel politique à prendre position sur les problèmes réels. Une nouvelle élection approche, il appartient aux citoyens et à la presse de refuser les mêmes rengaines communalistes qui leur permettent de dissimuler leur ignorance des vrais problèmes. Cette élection devrait obliger nos politiques à prendre position et à faire des propositions sur la crise économique, la CPE, les ZEP, l’incinérateur de la Chaumière, l’avortement, l’économie 24/7, les lois du travail, les travailleurs étrangers etc. Autant de sujets auxquels il faudra sans cesse revenir en refusant de laisser les politiques orienter la campagne vers de stériles enjeux communalistes. Les radios ont un rôle très important à jouer à cet égard, la liberté est aussi responsabilité..

Pour que ça change, l’engagement des jeunes sera nécessaire car il faudra bien renverser le régime des communautés, la révolte contre l’intrusion politique des « organisations socioculturelles », me paraît  essentielle.

Comme point de départ l’on pourrait proposer l’amendement de la section 1 de la Constitution afin d’y ajouter le mot « secular » :- « Mauritius shall be a sovereign, secular, democratic State which shall be known as the Republic of Mauritius. » L’Inde l’a bien fait en 1976… Cela indiquerait clairement la volonté de cantonner les communautés à la seule et unique chose à laquelle elles peuvent prétendre :-8 députés correctifs et absolument rien de plus ! Jusqu’à ce que Rézistans ek Alternativ remporte son combat, ce que l’on peut également espérer.

Lien vers le site lexpress.mu:- http://lexpress.mu/News/_132-Interview-Me-Michel-Ahnee—Le-communalisme-est-un-virus-de-la-pens%C3%A9e-.html

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